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La mort est-elle la fin de la vie, ou le début d'une nouvelle ?

Croyez vous que la mort est la fin de tout, qu'après elle il n'existe rien d'autre, le néant total ? Ou, êtes vous de ceux qui croyez le contraire, qu'il y a une nouvelle vie au-delà de celle-ci ? J'ignore la réponse à cette question, elle se trouve de l'autre côté. Si il n'existe rien, après la disparition de notre enveloppe corporelle, alors notre existence est inutile, sans but, sans raison d'être.

De tout temps, les hommes ont chercher à savoir ce qui existait après leur disparition. Il l'a-t-il un Paradis ou un Enfer ? Chaque religion a sa propre croyance sur le sujet. Pour les croyants chrétiens, vous allez au Paradis, si vous avez eu une vie exemplaire, sans péchés, ou au contraire, si vous avez été un pécheur durant toute votre existence, vous êtes condamné aux flammes de l'Enfer.

Il y a ceux qui croient en la réincarnation, si vous n'avez pas encore accompli votre destinée, sur Terre, vous y retourné pour l'achever. Tant et aussi longtemps que votre Destin n'est pas accompli. Pour les athés, après la mort il n'y a que le néant, l'oubli total. Pour certains, il n'existe aucun Paradis ou Enfer, mais plutôt une nouvelle vie, plus saine, sans maladie, ni guerre, où la paix règne, enfin.

Chacun d'entre nous avons une opinion sur ce sujet. Nous croyons ce que nous voulons croire, ce qui nous convient le mieux. J'espère qu'il existe une meilleure vie aprés celle-ci, sinon elle n'a aucun sens.

 

Rites et pratiques religieuses

Rite Catholique romain

    Écrits sacrés.
    Conception chrétienne, basée sur l'Ancien et le Nouveau Testament
    Pratiques religieuses.
    Prière. Messe : lecture et méditation de la Parole de Dieu.
    Messe du dimanche et des fêtes avec communion.
    Confession pour se réconcilier avec Dieu et avec l'Église.
    Fêtes et saisons.
    Fêtes : Noël, Rameaux, Vendredi-Saint, Pâques, Ascension, Pentecôte et d'autres comme Épiphanie, Fête-Dieu, Assomption, Toussaint.
    La naissance : signification et rites.
    Dieu confie les enfants à la responsabilité des parents qui par l'éducation et par l'exemple leur font connaître la foi.
    Baptême: celui d'urgence est donné, sur demande des parents, à un enfant gravement malade. Ce baptême peut être donné par un membre de l'équipe soignante.
    Pour baptiser, verser de l'eau sur le front de l'enfant en le nommant par son prénom et en disant : X je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
    La nourriture : signification et prescriptions.
    Observance du carême : temps de mortification comme le Mercredi des cendres et le Vendredi-Saint qui sont jours de jeûne et d'abstinence (sans viande).
    Le vendredi, il est recommandé aux fidèles de s'unir au Christ par des actes de pénitence, en souvenir de sa mort, un vendredi.
    Maladie, souffrance : signification et actes religieux .
    Christ a vaincu la souffrance en l'offrant au Père. Avec lui le malade peut poursuivre sa lutte contre toute forme de mal qui détruit l'homme. En union avec Celui qui, le premier, à connu la souffrance, il participe à son action salvatrice.
    Visites de membres de la communauté chrétienne. Prières. Communion au corps du Christ qui peut être portée par des membres de l'équipe de visiteurs.
    Signification de la mort.
    Entrée dans la plénitude de la vie nouvelle du royaume de Dieu. Fils et Fille de Dieu chacun devient pleinement participant de la vie de Dieu.
    Prière et lecture de la Bible pour rappeler l'espérance en la grâce de Dieu. Présence de l'aumônier et de la communauté selon désir.
    Rites du passage de vie à trépas.
    L'extrême onction est le sacrement de l'onction des malades, donné dès que la personne se sent menacée par la maladie. Célébration du "viatique" : dernière participation sacramentelle au corps du christ avant d'y être incorporé définitivement.
    Rites des funérailles.
    Quand cela est possible, les trois jours de veille avant inhumation sont respectés.
    Pendant l'office religieux, fleurs, bougies et prières correspondent à ce qui se passe sur le plan spirituel : l'illumination et l'éclosion de l'âme dans le monde de l'esprit. On aide ainsi le défunt à se détacher du matériel.
    Autopsie et prélèvements d'organes.
    Pas d'obstacle au niveau de la doctrine.

    Où va l'âme après la mort ?
    Nous sommes des êtres incarnés, aussi utilisons- nous des catégories spatio-temporelles pour parler de l'au-delà. Mais la mort étant une sortie de l'univers, elle est une sortie du temps et de l'espace. En fait, on sait peu de choses sur cet au-delà. La Bible parle du Royaume, du sein d'Abraham, d'un lieu de repos, etc. C'est par le corps que chacun d'entre nous est en rapport avec le monde. À la résurrection, c'est avec un corps «glorieux» qu'est appréhendé le monde renouvelé. Le paradis est un lieu décrit comme exquis. Mais «Nul ne rejoint le Très-Saint, s'il n'est lui-même sanctifié». D'où l'existence du purgatoire. Ce qui, dans d'autres traditions, se fait au cours du cycle des réincarnations, s'accomplit dans ce lieu de purification. L'enfer est la séparation d'avec Dieu.

Rite Protestant

    Écrits sacrés.
    Conception chrétienne, basée sur l'Ancien et le Nouveau Testament
    Pratiques religieuses.
    Prière, lecture de la Bible, culte dominical, participation à la Sainte-Cène.
    Fêtes et saisons.
    Fêtes : Noël, Rameaux, Vendredi-Saint, Pâques, Ascension, Pentecôte.
    La naissance : signification et rites.
    Dieu confie les enfants à la responsabilité des parents qui par l'éducation et par l'exemple leur font connaître la foi.
    Baptême unique dans l'enfance ou à l'âge adulte.
    La nourriture : signification et prescriptions.
    Le repas partagé peut avoir une signification de communion.
    La nourriture est un don du créateur. Pas de prescription particulière.
    Maladie, souffrance : signification et actes religieux.
    Christ a vaincu la souffrance. Il est présent dans les moments d'épreuve. Visite des membres de la paroisse et du pasteur.
    Signification de la mort.
    Espérance de vie éternelle. Découverte d'une plénitude nouvelle. Passage auprès de Dieu. Prière et lecture de la Bible pour rappeler et renforcer l'espérance en la grâce de Dieu. Présence de l'aumônier et de la communauté selon le désir du mourant.
    Rites du passage de vie à trépas.
    Accompagnement à l'aide de lectures Bibliques et de prières. Un proche du mourant peut faire fonction de pasteur.
    Rites des funérailles.
    Le culte des funérailles est destiné à l'accompagnement de la famille et des amis. il est centré sur la prédication de l'Évangile : promesse de Résurrection.
    Le défunt est enterré simplement, avec respect ; lecture d'un verset de la Bible et prières.
    Autopsie et prélèvements d'organes.
    Pas d'obstacle au niveau de la doctrine, ainsi que pour l'incinération.
    Admis selon la procédure légale.

    Où va l'âme après la mort ?
    Traditionnellement, l'existence est vue en trois étapes. La vie ici-bas, la période entre la mort et la résurrection finale (une sorte de sommeil), puis la résurrection proprement dite, à la fin des temps.
    Selon un autre courant de pensée, enfer et paradis sont sur terre et le croyant est déjà passé de la mort à la vie. La mort n'est pas pour autant vue comme une impasse, mais comme une porte ouverte. Sur quoi ? On l'ignore.
    Pour d'autres encore, la spéculation sur l'au-delà n'a pas de sens et la résurrection est à prendre au sens symbolique. Enfin, il y a aussi des adeptes de la réincarnation.

Rite Juif

    Écrits sacrés.
    La Torah (Ancien Testament hébreu).
    Pratiques religieuses.
    Lecture quotidienne de la Torah (Ancien Testament hébreu), surtout les Psaumes.
    Seuls les hommes lisent les écrits et ils se couvrent la tête pour prier et lire.
    Observation de la loi, tel le sabbat qui commence le vendredi soir au mahariv, c'est à dire au coucher du soleil et finit le samedi soir au mahariv ; durant le sabbat il y a des comportements à respecter : ne pas fumer...
    Fêtes et saisons.
    Pourim, Pésa'h, Chavouot, Roch Hachana, Yom Kippour, Souccot, Chemini, Atseret, Sim'hat, Tora, Hanoucca.
    La naissance : signification et rites.
    En cas de mariage mixte c'est la mère qui détermine la religion de l'enfant.
    Circoncision rituelle des garçons.
    Si une grossesse représente un danger pour la santé physique ou psychique de la mère, l'avis médical est décisif et l'interruption est autorisée. Car une vie humaine vaut autant que toute la création.
    La nourriture : signification et prescriptions.
    Pas de porc, charcuterie, saindoux. Viandes kasher (Larousse : Se dit d'un aliment conforme aux prescriptions de la Loi juive, ainsi que du lieu ou il est préparé ou vendu).
    Les laitages ne sont jamais servis au même repas que les viandes. Les ustensiles réservés aux laitages sont toujours lavés à part.
    Jeûne absolu de 24 h au Yon Kippour (fête d'automne).
    Sauf avis médical, pain sans levain à la Pâques (Pésa'h)
    Maladie, souffrance : signification et actes religieux.
    Parfois souffrances et maladies sont incompréhensibles (ex : livre de Job) ; parfois elles apparaissent comme un châtiment.
    La visite aux malades est une obligation morale; le visiteur fait partie de la famille, ou est bénévole. Dans ce cas il est souvent membre de l'association Bikhor Holim (visite aux malades)
    Signification de la mort.
    Tout le monde va au séjour des morts, le Chéol. La foi en la résurrection est très mince, mais il existe l'espoir que Dieu fera quelque chose.
    Rites du passage de vie à trépas.
    Aviser absolument la famille qui ne quitte pas le malade, même (et surtout) au moment de l'agonie, car l'âme qui quitte le corps au moment de la mort est pleine de douleur. Prières et confession en hébreu : le malade est invité à se confesser, à demander pardon aux hommes et à Dieu, et à prononcer les paroles que ma mort soit une expiation pour toutes mes fautes.
    Il est défendu de toucher le malade agonisant, car il est comme une bougie vacillante qui va s'éteindre dès qu'on la touche. Toutes les parties de son corps doivent être soigneusement recouvertes.
    Au moment du décès, les proches déchirent, en signe de deuil, une partie de leur vêtement et allument des bougies. Un des hommes, de préférence le fils aîné, récite le verset du Chemah Écoute Israël, l'éternel notre Dieu, l'éternel est Un (profession de foi du judaïsme). On ferme alors les yeux du mort et on dépose son corps, convenablement recouvert, à même le sol. Puis il est temps pour les membres bénévoles de la Hebra Kadicha de lui faire la toilette mortuaire. Ce sont eux qui préparent la veillée funéraire, veillent à la mise en bière et aux obsèques religieuses qui ont lieu vingt-quatre heures après le décès.
    Rites des funérailles.
    C'est une cérémonie simple, sans fleurs, ni ornements.
    Autopsie et prélèvements d'organes.
    Autopsie interdite. Mutilation de cadavre non admise. Mais l'avis du médecin est à considérer.
    Prélèvement d'organes : transplantation de vivant à vivant, ou si la vie du donneur n'est pas en danger.

    Où va l'âme après la mort ?
    Les textes qui parlent de l'au-delà sont rares. Dans le Talmud, on trouve deux traditions qui se complètent: l'une parle d'une résurrection sur terre, l'autre d'un monde futur, spirituel, où chacun accède après la mort. L'articulation entre les deux n'est pas claire. Mais personne ne s'en préoccupe vraiment, l'important étant de savoir qu'il existe une justice divine dans l'au-delà. Le mot de Chéol - «grand trou noir», en hébreu - apparaît dans les psaumes du roi David. Il peut laisser penser qu'il n'existe rien après la mort. Mais un des principes de la foi juive énonce: «Je crois en la résurrection des morts lorsque Dieu le voudra.»
    Il est également question dans la Genèse d'un jardin d'Eden, le paradis. On sait que deux anges en gardent l'entrée. Quand à la Géhenne - littéralement vallée de Gehinom, près de Jérusalem - c'est l'enfer. Là encore, les textes sont peu prolixes.

Rite Musulman

Deux courants : Sunnites (80%) et Chiites (20%).

    Écrits sacrés.
    Basés sur le Coran.
    Pratiques religieuses.
    Prières quotidiennes. Le musulman prie à genoux, le front et les coudes au sol, tourné vers l'Orient où se situe La Mecque. Absence de clergé et de hiérarchie religieuse : tout musulman peut être "iman"(celui qui professe la foi) et diriger la prière. Absence d'intermédiaire entre Dieu, Allah, et le fidèle.
    Fêtes et saisons.
    Achoura (la dîme), Mouloud (naissance du prophète), Ramadan (jeûne, pénitence), la petite fête, la grande fête (sacrifice d'Abraham, pèlerinages)
    La naissance : signification et rites.
    Le père seul détient l'autorité parentale.
    L'enfant a la religion et la nationalité du père.
    Sounna : le rituel de la circoncision.
    La nourriture : signification et prescriptions.
    Pas de porc, pas d'alcool.
    À la saison du Ramadan, jeûne absolu jusqu'au coucher du soleil.
    Maladie, souffrance : signification et actes religieux.
    La souffrance est difficile à comprendre «Si tu souffres prends-en qu'à toi ; crois-tu entrer au paradis sans être éprouvé ? », dit Allah.
    En cas de nécessité absolue la transfusion sanguine est admise.
    Signification de la mort.
    La mort est une transformation : séparation du corps et de l'âme.
    Jugement : sanctions ou gratifications.
    Rites du passage de vie à trépas.
On  tourne le corps vers la Mecque, on lui tient l'avant-bras droit, coude posé sur le lit, l'index désignant le ciel, en répétant fois avec lui dans sa langue : Allah est Dieu, Mahomet est son Prophète. Si on est un de ses proches, on lui demande pardon et on peut l'embrasser sur le front si on le désire, mais aucun texte (Coran ou Sunna) ou même recommandations de savants n'existent à ce sujet. C'est de l'ordre du permis, non du rituel. (Brahami M., Les rites funéraires en  Islam, éd Tahid, Lyon, 2005, p 192)
Après sa mort, le corps du mort est tourné vers la Mecque (le visage tourné vers le sud, la tête au sud-ouest, les pieds placés au nord-est). Le corps est lavé trois fois de suite selon des règles précises, puis les yeux sont fermés. Le corps, nu, est ensuite enveloppé dans un linceul. Lorsque l'on enveloppe le défunt dans un linceul, on peut utiliser des bandelettes pour maintenir le linceul en place jusqu'au moment de déposer le corps dans le cerceuil ou dans la tombe. À ce moment, on doit dénouer les bandelettes utilisées.
    Rites des funérailles.
    Dans la tombe, le corps est couché sur le coté droit, pieds au nord-ouest, tête au sud ouest la face tournée vers la Mecque. Trois pleines mains de terre seront jetées par chacun des proches sans aucun artifice, riches et pauvres étant enterrés dans la même terre.
    La tombe est suffisamment large pour que le mort puisse se retourner à l'appel des anges Munkar et Nakir qui l'interrogeront sur la manière dont il a été fidèle.
    Autopsie et prélèvements d'organes.
    (Interprétations différentes selon les sources).

    Où va l'âme après la mort ?
    Le paradis est un lieu de délices et chacun y occupe une place suivant ses mérites. On n'y rentre que grâce à la miséricorde divine. L'enfer existe, lui aussi. C'est le lot de ceux qui ont commis des fautes impardonnables, comme de nier la divinité de Dieu. Au moment de la résurrection, chacun retrouve son enveloppe physique.

Rite Hindouïste

Écrits classiques : Védas, Pouranas, Upanishads.
Pratiques religieuses.
Prières et ablutions.
Fêtes et saisons.
Suivant les castes et les divinités vénérées, principalement la fête des lumières (Divali).
La naissance : signification et rites.
Incarnation de parcelle éternelle (atma) en migration.
Choix du corps selon les mérites des vies antérieures.
Amulettes, fumigations, formules sacrées pour empêcher les mauvais esprits de faire du mal à la mère et à l'enfant.
La nourriture : signification et prescriptions.
Végétariens (le végétarisme hindou date de l'apparition du Bouddhisme) motivé par la croyance en la réincarnation.
Deux castes mangent de la viande : les Kshatris et les Shoudras.
Antroposophie : science alimentaire particulière, végétarienne également.
Maladie, souffrance : signification et actes religieux.
Souffrance et maladie sont toujours méritées à cause des erreurs commises dans les vies antérieures. Il faut souffrir pour expier, car il n'existe pas de pardon.
Empêcher la souffrance des autres est un mérite pour celui qui le fait, mais une perte pour le malade.
Amulettes et formules sacrées pour éloigner le mal.
Signification de la mort.
Le corps est une enveloppe souillée qu'il faut brûler pour en libérer la parcelle éternelle qui va migrer plus loin.
Atteinte du Môksha à la fin du cycle des réincarnations, c'est à dire la réincarnation dans le Paramâtma (être suprême)
Rites du passage de vie à trépas.
Prières sous forme de Mantra
Rites des funérailles.
Incinération
Autopsie et prélèvements d'organes.
Ne posent pas de problème.

Rite Bouddhiste

Nombreux courants : tibétain, indien, chinois, coréen, japonais (zen).

Écrits sacrés.
Écrits variés suivant les pays, dérivés du Mahayana ou du Hinayana.
Pratiques religieuses.
Méditation. Récitation de prières et de mantras. Offrandes.
Fêtes et saisons.
Nouvel an (Saka Dawa), premier tour de la roue du Dharma, retour du Bouddha Shakyamouni des terres pures. Chaque mois nouvelle et pleine lune ( 10 et 25 du calendrier tibétain)
La naissance : signification et rites.
La présence au monde est souffrance. Il faut apprendre dès le plus jeune âge à s'en dégager.
La nourriture : signification et prescriptions.
Végétarisme motivé par le souci de ne pas faire souffrir ni tuer.
Le Bouddhisme Zen a une science alimentaire particulière.
Maladie, souffrance : signification et actes religieux.
La souffrance a une signification de purification : elle aide à vaincre les désirs et à s'éloigner du monde.
Signification de la mort.
La mort souhaitée est l'entrée dans le Nirwana (paix) ou l'Éveil. Deux états atteints lorsqu'on a vaincu tous les désirs pour le Nirvana ; et lorsqu'on a totalement développé sa compassion et sa sagesse pour l'Éveil
Rites du passage de vie à trépas.
Placer le corps sur le côté droit, main gauche sur la cuisse gauche, main droite sous le menton, fermant la narine droite (position du "lion couché", posture de Bouddha lorsqu'il expira.
Ne pas toucher du tout le corps pendant le processus de la mort et même après que la respiration se soit arrêtée. Lorsqu'on doit bouger le corps, toucher en premier lieu le sommet du crâne pour permettre à la conscience, si elle n'est pas déjà partie, de quitter le corps par sa partie supérieure.
L'entourage doit faciliter le départ, en ne retenant pas le mourant par son désespoir qu'il met en sourdine. Il l'aide à "repérer" au cours de l'agonie les différents processus qui se déroulent dans son corps et à se concentrer sur un support de méditation (tantra). L'entourage l'aide, au moment même de la mort à sortir de son corps. Enfin, après le décès même, la lecture du Bardo Tho Drol (Livre des Morts Tibétains) peut être faite au chevet du mort afin de guider son principe conscient dans les différentes expériences psychiques qu'il traverse.
Au moment de la mort, l'esprit est en proie à toutes sortes de phénomènes hallucinatoires. Le mourant vit une sorte de rêve, mais il prend pour réel ce qui lui apparaît et, le plus souvent, il en conçoit de la frayeur et de la souffrance. Les apparences qui se manifestent ne dépendent pas de ses croyances, mais de son karma, c'est-à-dire de la qualité positive ou négative des actes qu'il a accomplis. Même s'il ne croit pas que les enfers existent, s'il a commis des actes négatifs qui en engendrent la manifestation, son esprit produira, le moment venu des apparences trompeuses source d'immenses souffrances
Rites des funérailles.
Incinération
Au Tibet, il n'est pas rare que le corps soit découpé en morceaux et jeté aux vautours. Les os vont à un autre type d'oiseaux, les Koho. Il peut aussi être enterré ou brûlé.
Autopsie et prélèvements d'organes.
Ne posent pas de problème.

Où va l'âme après la mort ?
L'esprit ne meurt pas, il se réincarne. Pendant une quarantaine de jours après la mort, il est dans le «bardo», état intermédiaire entre la mort et la renaissance. Durant les trois premières semaines, l'esprit reste identifié au corps mental, celui qu'il vient de quitter. Avant la renaissance, il entrevoit ce qu'il revivra dans son nouveau corps. Juste après le décès, quand on quitte son corps, la vérité sur sa nature profonde apparaît. Sans un cheminement spirituel, cette nature profonde nous échappe. D'où l'importance de ce travail, pour éviter de retomber dans les mêmes ornières.

 

Rite Orthodoxe grec ou russe

    Écrits sacrés.
    Conception chrétienne, basée sur l'Ancien et le Nouveau Testament
    Pratiques religieuses.
    Prière du matin, vêpres du soir.
    Fêtes et saisons.
    Fêtes : Noël, Baptême du Christ, Annonciation, Rameaux, célébration de la Semaine Sainte et du matin de Pâques, Ascension, Pentecôte, Transfiguration, Nativité de la vierge, Dormition, Fêtes des saints propres à chaque région.
    La naissance : signification et rites.
    Prière de reconnaissance et de purification pour la vie qui est donnée et pour la mère.
    Présentation le quarantième jour. Baptême à un ou deux ans.
    La nourriture : signification et prescriptions.
    Avant la communion le croyant reste à jeun. Jours de jeûne pour la préparation des fêtes : repas maigres, pas de viande.
    Maladie, souffrance : signification et actes religieux.
    La souffrance peut frapper tout le monde. Il faut prendre courage, une issue heureuse est un couronnement. Christ a souffert pour nous donner un exemple et pour libérer l'homme.
    Avant une opération, à la demande du patient, appeler le prêtre pour prière et communion.
    Signification de la mort.
    La mort est naissance à la vie nouvelle, la rentrée dans la vie spirituelle.
    Nous vivons ici dans la pensée de la vie à venir.
    Rites du passage de vie à trépas.
    Appeler le pope et la famille : communion et prières pour le repos de l'âme. Après le décès les bras sont croisés sur la poitrine.
    Rites des funérailles.
    Pendant l'office religieux, fleurs, bougies et prières correspondent à ce qui se passe sur le plan spirituel : l'illumination et l'éclosion de l'âme dans le monde de l'esprit. Traditionnellement le corps est porté à l'église, cercueil ouvert.
    Autopsie et prélèvements d'organes.
    À éviter selon la doctrine orthodoxe.

    Où va l'âme après la mort ?
    L'ascension vers Dieu se poursuit pendant quarante jours, le temps pour l'âme de se purifier et d'accomplir l'effort de détachement de l'enveloppe corporelle. Le paradis - une notion développée en Orient, dans un monde de chaleur et de sable - est vu comme un jardin. C'est un état de vie dans la présence de Dieu. L'enfer, c'est l'inverse, la séparation d'avec Dieu. Il y a deux formes de mort : l'agonie, expérience douloureuse de celui qui ne veut pas quitter son enveloppe charnelle. Et la dormition, dans laquelle celui qui s'endort s'est préparé et vit la mort comme un passage, une Pâque.

Rite Néo-apostolique

    Écrits sacrés.
    Conception chrétienne, basée sur l'Ancien et le Nouveau Testament
    Pratiques religieuses.
    Pratique de la Sainte Cène.
    Fêtes et saisons.
    Noël, Pâques, Ascension, Pentecôte.
    La naissance : signification et rites.
    L'enfant est un don de Dieu. Bénédiction prénatale de la mère.
    La nourriture : signification et prescriptions.
    Pas de prescription particulière.
    Maladie, souffrance : signification et actes religieux.
    La maladie vient soit par notre faute, soit pour nous tester. Il faut l'accepter.
    Signification de la mort.
    La mort est la délivrance du corps : le passage équivalent au retour de l'enfant à la maison du Père.
    Rites du passage de vie à trépas.
    Le chef spirituel a le pouvoir d'absolution des pêchés.
    Pas de prescription de rituels.
    Rites des funérailles.
    Simples
    Autopsie et prélèvements d'organes.
    Attitude positive, voire encourageante, laissant toutefois la décision au patient et à la famille, selon la procédure légale.

Rite Témoin de Jéhovah

    Rappel : qualifié de "secte" par deux rapports parlementaires
    Écrits sacrés.
    Conception chrétienne, basée sur l'Ancien et le Nouveau Testament (en partie).
    Pratiques religieuses.
    Réunions hebdomadaires : discussion sur des textes de la Bible
    Fêtes et saisons.
    Pas de fêtes, mais souvenir de la mort du Christ.
    La naissance : signification et rites.
    L'enfant est un héritage de la part de Dieu. Pas de prescription.
    La nourriture : signification et prescriptions.
    Pas de viande d'animaux non saignés. Pas d'aliment contenant du sang ou du plasma (saucisses).
    Maladie, souffrance : signification et actes religieux.
    La souffrance est la conséquence du pêché et de la vie que nous avons menée, mais elle n'est pas une punition.
    Visite des membres de la communauté selon le désir du malade.
    Jamais de transfusion de sang ou de plasma.
    Signification de la mort.
    Le croyant retourne à la poussière, il reste conservé uniquement dans la mémoire de Dieu en attendant l'apparition du Royaume millénaire sur cette terre. Ce Royaume est imminent.
    Rites du passage de vie à trépas.
    Pas de rite particulier.
    Rites des funérailles.
    Prière et discours par la communauté.
    Autopsie et prélèvements d'organes.
    Vu qu'il n'y a aucune prescription sur ce sujet dans la Bible, chacun est libre de décider selon sa conscience. Refusent en majorité.

    INCIDENCE SUR LES SOINS
    Les témoins de Jéhovah sont opposés aux transfusions et au fait de manger certains aliments auxquels du sang aurait été ajouté, comme dans certaines saucisses et certaines charcuteries.
    Les drapeaux nationaux ou les symboles du pouvoir souverain d'une nation sont interdits par l'Exode 20, 2-6. C'est pourquoi les témoins de Jéhovah, ne peuvent saluer un emblème national sans violer le commandement de Jéhovah contre l'idolâtrie. Ils sont des pacifistes et des objecteurs de conscience en temps de guerre.
    Ils n'observent aucune fête nationale ni aucune cérémonie, même celle de Noël. Il faut l'avoir présent à l'esprit pour ne pas risquer de froisser les résidents de cette confession lors des préparations de fêtes. Avant d'éviter de les associer à ces préparations, leur demander toutefois leur avis.

Rite Adventiste du septième jour

    Écrits sacrés.
    Basés sur la Bible et le livre de Mme White.
    Pratiques religieuses.
    Lecture de l'Ancien, du Nouveau Testament et du livre de Mme White.
    Observation stricte du sabbat (du coucher du soleil vendredi au coucher du soleil samedi).
    Sainte Cène tous les trois mois.
    Fêtes et saisons.
    Pas de célébration de fêtes.
    La naissance : signification et rites.
    L'enfant est un don de Dieu.
    Présentation des enfants. Pas de baptême.
    La nourriture : signification et prescriptions.
    Éviter certaines viandes, fruits de mer, caféine, alcool, tabac.
    Maladie, souffrance : signification et actes religieux.
    La souffrance est permise par Dieu, il veut nous apprendre quelque chose par elle ; c'est un moyen d'éducation. Il faut se confier en Dieu..
    Transfusion sanguine acceptée.
    Signification de la mort.
    L'âme c'est la personne (le corps et le souffle de vie).
    Sommeil des morts qui attendent la résurrection, au retour du Christ.
    Rites du passage de vie à trépas.
    Lecture de versets de la Bible
    Rites des funérailles.
    Prière et rites simples
    Autopsie et prélèvements d'organes.
    Admis sans difficulté.

    INCIDENCE SUR LES SOINS
    Les doctrines religieuses des adventistes du septième jour enseignent que le corps est le temple de Dieu et doit, par conséquent, être maintenu en bonne santé.
    Les gens qui se réclament de cette foi doivent éviter les fruits de mer, la viande, la caféine, l'alcool, les drogues et le tabac sous toutes leurs formes.
    Un adventiste du septième jour peut refuser une intervention chirurgicale le vendredi soir ou le samedi (matin ou après-midi) car le patient peut interpréter cette intervention comme entrant en conflit avec ses doctrines religieuses. Ce même patient peut aussi refuser certains traitements médicaux qui ont normalement lieu ces jours-là comme des thérapies respiratoires ou de la physiothérapie.
    La doctrine religieuse concernant les nourritures impures peut conduire certains adventistes à refuser de manger des aliments sous forme de coquillages, comme le crabe ou la langouste ; certains poissons éboueurs comme le poisson-chat, ou certaines viandes. Ce refus de manger des aliments riches en iode ou en protéines peut amener certains malades à manquer d'iode ou de protéines (substitut : le soja)

Rite Mormon

    Écrits sacrés.
    Parties de la Bible et Livre de Mormon.
    Pratiques religieuses.
    Tous les hommes sont détenteurs de la prêtrise.
    Baptême de substitution pour les ancêtres.
    Fêtes et saisons.
    Noël, Pâques, Pentecôte.
    La naissance : signification et rites.
    Présentation des enfants. Pas de baptême d'enfants
    La nourriture : signification et prescriptions.
    Code de la santé : une nourriture saine, sans aucun excitant (ni thé, ni café, ni alcool, ni fumée, ni drogues).
    Maladie, souffrance : signification et actes religieux.
    La maladie est la conséquence d'une mauvaise conduite et des circonstances de la vie. Elle est une épreuve mais non un châtiment.
    Veiller à toujours respecter le code de la santé car la vie est un bien précieux.
    Signification de la mort.
    Croient avoir vécu avant cette vie comme une parcelle de l'Esprit de Dieu. L'esprit est issu de Dieu et y retourne. Le corps est le temple de l'Esprit, il retourne à la terre et doit être enterré non brûlé.
    Rites du passage de vie à trépas.
    Lecture de versets de la Bible
    Rites des funérailles.
    Prière et lecture de versets de la Bible.
    Autopsie et prélèvements d'organes.
    Admis.

 


A chacun son job!

Sainte Philomène, vierge et martyre

Avant-propos

En 1961, suite à un décret émis par la Sacrée Congrégation des Rites, Sainte Philomène, Vierge et Martyre, se voit rayée de tous les calendriers liturgiques de l'Eglise Universelle. Qui est donc Sainte Philomène, et pourquoi cette suppression ?

C'est en effectuant des fouilles dans la catacombe de Priscillia à Rome le 25 mai 1802, qu'on fit la découverte de sa tombe. Trois blocs portaient l'inscription suivante en plomb rouge : "LUMENA PAXTE CUM FI", entourés par des caractères symboliques chrétiens : une palme, trois flèches, une fleur et une ancre. En modifiant l'ordre des blocs, on obtenait : "PAXTE CUM FILUMENA", soit : "La Paix soit avec toi, Philomène", ce dernier nom signifiant "Bien aimée" (du grec Phileo : aimer), ou d'après la racine latine "Fille de la lumière" (Filia luminis).
Derrière la cloison, on découvrit les ossements qu'on identifia comme étant ceux d'une jeune fille de 13 à 15 ans. Les archéologues découvrirent également, noyée dans le ciment, une petite fiole de sang à demi brisée, petit vase habituellement joint par les premiers chrétiens aux tombes des martyrs.
Philomène, jeune martyre des premiers siècles de l'ère chrétienne, était né.

Depuis, l'archéologie a conclu de façon certaine que ces ampoules dans les tombes n'indiquaient pas nécessairement le martyre, et que les sacristains du IV° siècle avaient la coutume de modifier l'ordre des pierres tombales anciennes, pour signifier que le sépulcre avait été réemployé pour une autre personne.

Sainte Philomène, vierge et martyre du 1° ou 2° siècle, n'aurait-elle donc jamais existé ?

Que penser alors de tous ces miracles liés à ses reliques, dont la guérison de Pauline Jaricot n'est pas des moindres ?

Que penser de l'attachement du curé d'Ars pour cette petite Sainte, si chère à son cœur ?

Que penser des révélations dont aurait été gratifiée en août 1833 Mère Maria Luisa de Jésus, religieuse italienne, sur la vie de Sainte Philomène (révélations qui reçurent l'Imprimatur du Saint Office le 21 décembre de la même année) ?

Il est certain que tous ceux qui se sont confiés à son intercession n'ont jamais été déçus. Nous n'essayerons pas de détailler sa vie, qui restera sans doute - et n'est-ce pas voulu par cette humble petite Sainte ? - un mystère. Nous n'exposerons ici que l'histoire de la découverte de ses reliques, et l'extraordinaire expansion d'un culte qui se répandit en l'espace de quelques années dans le monde entier.


Réponses à quelques questions…

Pourquoi ne trouve-t-on plus Sainte Philomène sur nos calendriers ?
Sa fête avait été fixée au 11 août.
En 1961, la Sacrée Congrégation des Rites a rayé cette fête du calendrier, supprimant ainsi l'Office propre avec Messe décrété le 11 janvier 1855 par le Pape Pie IX. Comme pour tous les autres Saints martyrs, on peut toujours vénérer Sainte Philomène par une Messe pour le Commun des Martyrs en tout lieu où il existe une dévotion à la Sainte.

Sa sainteté n'est-elle plus reconnue ?
Lorsqu'une personne a été déclarée Sainte, il n'est plus possible pour l'Eglise de lui retirer cette qualité. Le 13 janvier 1837, le Pape Grégoire XVI avait élevé la petite Philomène aux honneurs de l'autel, et confirmé le rescrit de la Congrégation des Rites par un décret solennel. Elle est donc bien Sainte pour l'éternité.

A-t-elle été retirée du Martyrologe romain ?
Sainte Philomène n'a jamais figuré au Martyrologe romain, qui est une liste de Saints martyrs et non la liste de tous les Saints.


" Ah ! Sainte Philomène ! Je suis bien attristé par ce que l'on écrit à son sujet. Est-ce possible de voir de telles choses ? Comment ne voient-ils pas que le grand argument en faveur du culte de Sainte Philomène, c'est le Curé d'Ars ? Par elle, en son nom, au moyen de son intercession, il a obtenu d'innombrables grâces, de continuels prodiges. Sa dévotion envers elle était bien connue de tous, il la recommandait sans cesse. On lut ce nom Filumena sur sa tombe. Que ce soit son propre nom ou qu'elle en portât un autre […] peu importe. Il reste, il est acquis que l'âme qui informait ces restes sacrés était une âme pure et sainte que l'Eglise a déclarée l'âme d'une vierge martyre. Cette âme a été si aimée de Dieu, si agréable à l'Esprit-Saint, qu'elle a obtenu les grâces les plus merveilleuses pour ceux qui eurent recours à son intercession… "

Saint Pie X, audience du 6 juin 1907.



Sainte Philomène, bref historique

I. Découverte du corps de sainte Philomène

C'était en mai 1802. A Rome, momentanément pacifiée, on venait de reprendre les fouilles commencées autrefois dans l'antique catacombe de sainte Priscille. Les travaux suivaient leur cours, lorsqu'un jour la pioche d'un ouvrier heurte une tombe. Aussitôt averti, Mgr Ludovici, gardien des reliques, fixe au 25 la cérémonie de l'ouverture. Il se rend, en effet, et examine. Bien simple, cette tombe. Trois tuiles en ferment l'entrée, sur lesquelles on lit : Pax tecum, Philumena. Paix à toi, Bien-aimée, car Philomène qui vient du grec, veut dire bien-aimée.


Autour de l'inscription, des symboles : une palme, trois flèches, une fleur et une ancre. Il est évident que la palme indique le triomphe du ciel, les flèches sont sans doute des instruments de supplice, la fleur est le signe de l'innocence et de la jeunesse, l'ancre celui de l'espérance éternelle. Cette tombe est donc probablement la tombe d'une sainte martyre.

Effectivement, après quelques instants de recherche, apparaît, noyée dans le ciment, la petite fiole de sang que les chrétiens prenaient dès ce temps l'habitude de joindre aux tombes des martyrs. Alors, d'une main respectueuse, le préfet enlève la cloison légère, et l'on se trouve en présence d'un corps que les hommes de l'art déclarent être celui d'une jeune fille de douze à quinze ans. Les humbles ossements sont immédiatement rassemblés, et transportés pieusement au Trésor des reliques. Ni le vénérable prélat, ni les témoins de la scène ne pensaient, en retournant à Rome, leur précieux fardeau dans les bras, qu'ils portaient l'une des plus glorieuses thaumaturges de l'Eglise. L'endroit où l'on venait de découvrir étant la plus ancienne partie de toute la catacombe de sainte Pricille, sainte Philomène, c'est aujourd'hui démontré, appartient à l'âge voisin du siècle apostolique, c'est-à-dire, au plus tard, à l'an 150 de l'ère chrétienne. Il y avait, par conséquent, dix-sept cents ans que ce frêle corps dormait sous sa couche humide, dix-sept cents ans que Dieu attendait le coup de pioche d'un fossoyeur pour faire jaillir de ce tombeau la grâce et le prodige.



II. Translation des reliques à Mugnano

Le sommeil dure pourtant trois années encore. Jusqu'en 1805, les restes de la jeune martyre résident sans honneurs au Trésor des reliques, attendant toujours l'heure de Dieu. Mais en cette année, un saint prêtre de Mugnano, aux environs de Naples, se rendit à Rome, à la suite de l'évêque de Potenza, dans le dessein d'obtenir pour son église un des corps saints trouvés aux catacombes. Ce prêtre se nommait Don François de Lucia.

Introduit, pour faire son choix, dans le Trésor des reliques, ses yeux rencontrent, sur un reliquaire, le doux nom de la sainte enfant, et aussitôt, il se sent pris d'un désir extrême de la posséder. On promet, puis on refuse ; il insiste, enfin on cède, mais il fallut les instances de puissants protecteurs. Le reliquaire est donc remis aux mains du dévot pèlerin qui l'emporte avec l'ardeur jalouse de celui qui, suivant l'expression du psalmiste, a trouvé d'opulentes dépouilles.

Partis à la fin de juin 1805, l'évêque de Potenza et Don François de Lucia suivaient à petites journées la route de Rome à Naples. Le 2 juillet, on entrait dans Naples où les voyageurs avaient des amis et des affaires. Il fallut placer le reliquaire en un lieu digne et sûr. On choisit la chapelle particulière de Don Antoine Terrès, libraire en renom. C'est là que sainte Philomène reçut les premiers honneurs.

On rangea d'abord, selon la vieille coutume italienne, les ossements chacun à sa place, dans un figuré, revêtu d'une robe blanche et d'un manteau de pourpre ; puis le tout fut enfermé dans une châsse transparente, scellée du sceau épiscopal. Aussitôt commença la vénération publique. Mais la chapelle de Terrès devint promptement trop étroite. Il fallut transporter le reliquaire dans une église voisine où, trois jours durant, il resta exposé. Il y eut un immense concours, mais on ne signala aucun miracle. Chose mystérieuse, dès que le corps rentra dans le petit oratoire d'où on l'avait tiré, les prodiges commencèrent. Le premier fut en faveur de ses pieux gardiens. La femme de Terrès fut guérie radicalement d'une maladie réputée incurable dont elle souffrait depuis douze ans. Un avocat, Michel Ulpicella, en proie depuis six mois à une sciatique rebelle à tout remède, n'eut qu'à se faire transporter dans la chapelle pour recouvrer immédiatement la santé. Une noble dame, affligée d'un ulcère cancéreux, mit, le soir, sur sa plaie, une relique de la Sainte ; le lendemain matin, un chirurgien qui venait faire l'amputation, trouva la gangrène entièrement disparue.

Cependant deux hommes robustes étaient arrivés de Mugnano à Naples pour le transport du reliquaire : ils disaient avec quelle impatience leurs compatriotes attendaient le trésor annoncé. Don François décida qu'on partirait au plus tôt.

Le samedi soir, 9 août, le cortège se mettait en marche. On devait cheminer la nuit pour éviter les ardeurs du soleil, terrible dans ces contrées durant la canicule. Pendant ce temps, Mugnano se préparait. Les cloches avaient annoncé dès la veille l'événement du lendemain. On se groupait dans les rues pour partir ensemble dès qu'on annoncerait l'approche des pieux voyageurs. Enfin, au point du jour, un messager, détaché du groupe par Don François, apparaît à l'entrée de la ville et dit : Voilà la Sainte! -Voilà la Sainte ! crie-t-on de toutes parts. Et vite on va réveiller les cloches qui transmettent au loin la nouvelle. En un instant, une procession immense est formée : les deux confréries sont là, bannières au vent, musique en tête ; plus de quarante prêtres, revêtus des plus riches ornements ; et puis toute la ville en habits de fêtes ; on vient même des villages voisins ; une troupe de musiciens qui passaient par là ne veut pas continuer sa route sans avoir exécuté ses plus beaux morceaux. Et quand les reliques apparaissent, alors l'enthousiasme est à son comble : les rangs s'ouvrent, les chants éclatent, interrompus par des acclamations, des fanfares, des décharges d'armes à feu. On prie, on crie, on pleure ; il faut deux heures pour atteindre l'église depuis l'entrée de la ville. On arrive enfin. Le reliquaire est placé sous un dais triomphal auprès de l'autel, du côté de l'Evangile. Maintenant la Sainte est bien chez elle, là où Dieu la voulait. L'église qui va la garder s'appelle déjà l'Eglise des Grâces. Elle n'aura jamais mieux porté son nom qu'à partir du jour béni où elle a vu entrer sainte Philomène.



III. Premier anniversaire

Il y avait à Mugnano un nommé Angel Bianco qu'une goutte cruelle retenait au lit depuis plusieurs mois. En entendant, la nuit qui précéda l'entrée du reliquaire, les cloches sonner pour éveiller la ville, il se mit à prier de toute son âme, et au matin sa foi était si vive qu'il s'élança tout malade hors de son lit pour aller voir la Sainte. O prodige ! au bout de quelques pas encore, et il est guéri ! Son apparition à l'église fut saluée par tous ceux qui le savaient impotent, et puis par la foule entière. C'est par lui que sainte Philomène commençait à Mugnano la série de ses miraculeux bienfaits.
La suite ne se fit pas attendre. Le dimanche suivant, une veuve de Mercogliano avait apporté à la messe son fils unique, estropié de naissance, absolument perclus. Au moment de l'élévation, la pauvre femme s'abîmait dans la prière, lorsqu'elle sentit l'enfant, assis à côté d'elle, se lever et partir. Elle regarde ; son fils, complètement guéri, marchait d'un pas ferme vers le reliquaire. Un grand cri : Miracle ! s'échappe malgré elle de sa poitrine. Miracle! répète la foule subitement transportée. Aussitôt les cloches sont mises en branle, on pleure de joie, on acclame la Sainte, et, la messe à peine finie, l'enfant est reconduit en triomphe au son des fifres et des tambours, qui, dans ce pays-là, sont de toutes les fêtes. L'après-midi, un grand orateur parlait en chaire sur cet évènement. Voilà qu'en l'écoutant, une femme de l'auditoire a subitement la pensée que sa fillette de deux ans, aveugle, recouvrera la vue si elle baigne ses pauvres yeux obscurs avec l'huile d'une lampe allumée devant la Sainte. Et prise d'impatience, sans attendre la fin du discours, elle se lève, traverse la foule malgré les réclamations des assistants, et parvient à la lampe. Elle humecte les yeux de l'enfant qui est subitement guérie. On l'a vue, un tumulte enthousiaste éclate, l'orateur n'a plus qu'à s'interrompre et à s'en aller : le plus beau commentaire d'un miracle n'est-ce pas un miracle nouveau ? Un prêtre monte à sa place, tenant dans ses bras l'heureuse enfant que la foule applaudit.

La source des prodiges est ouverte, et ne doit plus tarir. On ne s'attend pas sans doute à ce que nous racontions même les principaux faits ; il faudrait un grand volume. Qu'on songe que sainte Philomène s'est élevée presque d'un coup au rang des plus illustres thaumaturges de l'Eglise. Et encore n'est-il question que des miracles publiés. Combien de grâces secrètes, faveurs spirituelles, conversions, consolations, joies dans les épreuves, force dans la lutte, illuminations soudaines, élans généreux ! C'est là surtout, il n'en faut pas douter, dans ce monde invisible des âmes, que sainte Philomène a opéré le plus beau de son oeuvre terrestre.

Heureux peuple qui oubliait auprès d'un reliquaire la révolution dont son territoire était le théâtre ! On sait, en effet, qu'en 1799, le général Championnet entrait à Naples et mettait le vieux royaume en république. Naturellement, depuis lors, la domination française était bien plus subie qu'acceptée, et l'armée d'occupation devait se tenir constamment en garde contre les surprises. Dans ces circonstances arriva le 10 août 1806, premier anniversaire de la translation de sainte Philomène. Tout était prêt à Mugnano pour renouveler la fête de l'année précédente. Au loin, de tous côtés, les pèlerins arrivaient en foule, quand soudain la nouvelle se répand que la solennité est interdite, et qu'un escadron de cavaliers français accourt pour l'empêcher. Le général en chef craignait que sous ce pèlerinage se cachât un complot. La déception fut immense, elle prit le caractère d'une telle douleur que le commandant militaire, voyant combien ces bonnes gens étaient inoffensifs, rapporta la défense. Bien plus, il voulut que sa troupe prît part à la grande procession du soir. Une partie faisait la haie, l'autre composait l'escorte d'honneur. La musique militaire alternait avec celle de la ville. L'éclat des armes et des uniformes, la fière allure de ces braves qui avaient parcouru l'Europe en vainqueurs, l'enthousiasme surexcité du peuple donnèrent à cet anniversaire un cachet étrange et imprévu qui en doubla l'attrait.



IV. Rome consacre le culte public de sainte Philomène

Depuis vingt ans, on publiait les miracles de sainte Philomène. Les populations assiégeaient son autel. Prêtres, religieux, prélats, évêques, orateurs, écrivains, la proclamaient grande Thaumaturge, les missionnaires portaient son nom jusqu'au fond de l'Orient. Rome n'avait encore rien dit.

Don François de Lucia achevait d'écrire un volume plein de détails sur l'histoire prodigieuse qui se déroulait à Mugnano ; Mgr Ludovici, le prélat qui avait présidé, en 1802, à la découverte des précieuses reliques, voulut présenter lui-même l'ouvrage à Léon XII. Le vicaire de Jésus-Christ, l'ayant parcouru, fit, dans sa réponse, un éloge complet de celle qu'il n'hésitait plus à nommer la grande Sainte. Assurément ce titre n'avait rien d'exagéré : sainte Philomène s'était vraiment montrée une grande Sainte. Pourtant ce simple mot tombé des lèvres du Pontife provoqua, dès qu'on le sut, un redoublement de ferveur.

Sainte Philomène y répondit par un redoublement de miracles. A Rome même, sous les yeux du Pape, elle guérit une religieuse dont on n'attendait plus que le dernier soupir. L'évêque de Népi et Sutri, Mgr Anselme Basilici, son dévôt serviteur, possédait un de ses ossements. Voulant faire des heureux, il travaillait un jour à enfermer de petites parcelles de cet ossement dans des reliquaires pour en distribuer à ses diocésains, lorsqu'il s'aperçoit, lui et ses aides, que la provision ne diminue nullement, et que, malgré cent trente emprunts, elle est toujours aussi considérable. Une nouvelle distribution n'a pas plus d'effet. Emerveillé, l'évêque en tente une troisième, avec des soins plus minutieux encore ; on n'en peut plus douter, ce sont les reliques qui se multiplient miraculeusement. Selon la parole de l'Ecclésiaste, ses ossements croissaient jusque dans la tombe.

A la même époque, eut lieu la guérison de Mlle Pauline Jaricot, l'illustre Lyonnaise dont nous parlons plus loin.

Il est évident que Rome ne pouvait plus, sans contrister les âmes, maintenir sa traditionnelle réserve. Un décret de Grégoire XVI, daté du 30 janvier 1837, instituait une fête spéciale en l'honneur de sainte Philomène, avec une Leçon propre introduite dans le Bréviaire. La bienheureuse enfant est la seule parmi les saints sortis des catacombes à laquelle on ait fait cet honneur.

A dater de ce jour, les Souverains Pontifes n'ont plus ménagé leurs faveurs aux serviteurs de sainte Philomène. Ne vit-on pas en 1849, pendant la tourmente révolutionnaire qui força Pie IX à se réfugier à Naples, auprès de Ferdinand II, le vénérable exilé arriver tout exprès à Mugnano pour porter à l'innocente martyre l'hommage de son coeur meurtri par l'ingratitude de ses sujets ? Comme pour reconnaître la grandeur du personnage qui venait à elle, l'aimable Vierge guérissait dans le même temps un enfant affreusement malade. Délicatesse réciproque, le Pontife adopta aussitôt le jeune miraculé, et il ordonna qu'on le placerait, à ses frais, au séminaire de Bénévent.
Grégoire XVI avait institué une fête en l'honneur de sainte Philomène : Pie IX décida que, pour cette fête, un office tout spécial serait composé. Ceux qui connaissent les traditions de l'Eglise savent bien que cet hommage est un des plus éclatants qu'elle puisse rendre aux élus. "Non seulement, dit la cinquième leçon de Matines, de saints prélats et des ecclésiastiques de grand nom, mais encore des rois, des princes et d'autres fidèles illustres par leur piété et leur noblesse sont venus de lointaines contrées vénérer son tombeau, la remercier de ses bienfaits, comme l'attestent tant de vases d'or et d'argent, de rubis et de pierres précieuses, monuments de leur piété."



V. Sainte Philomène en France

On pense bien que pendant tous ces événements le nom de sainte Philomène avait passé les Alpes et pénétré en France. Tant de gloire devait retentir dans ce pays si avide d'émotions religieuses. La sainte enfant était donc invoquée, ici, là, un peu de tous les côtés.

Mais l'évènement qui donna un retentissement extraordinaire à la renommée de sainte Philomène, ce fut la guérison de l'illustre Lyonnaise Marie-Pauline Jaricot, une des plus belles âmes de notre temps. Elle ressemble à sainte Thérèse. Ardente, passionnée, généreuse, d'une rare culture intellectuelle, étant jeune fille, Pauline-Marie éprouva, comme la sainte à laquelle nous venons de la comparer, un de ces vertiges du monde qui ravissent tant de jeunes personnes à la vie chrétienne. La crise se dénoua par un sacrifice total de l'héroïque enfant à Dieu.

Elle se voua dès lors aux oeuvres de piété et de zèle et devint fondatrice de la Propagation de la Foi et du Rosaire-Vivant. Mais voilà qu'une violente maladie de coeur se déclare, et le moment vint où l'on crut qu'elle n'y résisterait pas. Les Frères de Saint-Jean-de-Dieu lui avaient fait connaître sainte Philomène et ses miracles dans l'oeuvre de leur rentrée en France. Malgré son état qui obligeait, pour la changer de place, de la transporter assise dans un fauteuil, Mlle Jaricot voulut entreprendre le pèlerinage de Mugnano.

Sa réputation l'avait précédée à Rome. Elle fut reçue avec honneur au Sacré-Coeur de la Trinité-du-Mont, et le Pape Grégoire XVI s'y rendit pour la voir. Frappé de son état, le doux Pontife n'hésita pas à lui demander de prier pour lui, dès qu'elle serait au Ciel.
- Oui, Très Saint Père, je vous le promets, répondit Pauline, mais si, à mon retour de Mugnano, j'allais à pied au Vatican, Votre Sainteté daignerait-elle procéder sans retard à l'examen définitif de la cause de sainte Philomène ?
- Oh oui, ma fille, car alors il y aurait miracle de premier ordre, répliqua Grégoire XVI. Puis se retournant vers la Supérieure de la maison, il ajouta en italien pour que Pauline ne comprît pas : "Qu'elle est donc malade, notre fille ! nous ne la reverrons plus, elle ne reviendra pas." Pauline sourit ; la foi fortifiait son espérance.

Malgré l'ardeur néfaste du climat, la moribonde put arriver à Mugnano. C'était le 8 août 1835. Le surlendemain on célébrait la fête de la sainte Philomène. L'héroïque malade passa tout le jour devant les reliques, au milieu d'une foule immense attirée par la solennité. Bientôt la transformation s'opère. Une chaleur intense envahit la moribonde ; une joie étrange la pénètre ; plus de doute, c'est la guérison ; le miracle imploré vient de s'accomplir. Pauline l'a senti, mais craignant les transports du peuple, elle se fait porter encore, en présence de la consternation générale. Pourtant le lundi soir, 10 août, après la bénédiction et le départ de la foule, elle se hasarde et marche seule jusqu'à la porte, sans faire usage du grand fauteuil, son véhicule ordinaire. Quand le gardien de l'église la voit ainsi sur pied, stupéfait d'abord, convaincu ensuite, il jette des cris, fait mettre les cloches à la volée, et la bonne Pauline qui avait voulu se soustraire aux ovations populaires doit subir d'indescriptibles assauts. Elle se prête doucement à toutes les exigences, et l'on peut croire qu'à la fin rien ne manquait à la preuve expérimentale de sa guérison.

Le retour fut un triomphe pour sainte Philomène. Dans sa reconnaissance, Pauline avait installé sur sa chaise de poste l'insigne relique qu'elle avait obtenue, ainsi qu'une belle statue. On devine quelle curiosité d'abord, quelle dévotion ensuite s'éveillèrent partout sur son passage. A chaque relais, c'étaient des acclamations et comme des cérémonies improvisées en plein air autour des voyageuses.

Naturellement, Pauline voulut revoir Grégoire XVI, qui peut-être à ce moment la croyait morte. Quand le Pontife la revit devant lui, pleine de force et de santé, il ne put maîtriser son émotion :
- Est-ce bien ma chère fille ? s'écria-t-il. Revient-elle de la tombe, ou Dieu a-t-il manifesté en sa faveur la puissance de la Vierge martyre ? Et il faisait marcher Pauline dans les immenses salles du Vatican : "Encore, encore plus vite ! disait-il. Je veux être sûr de n'avoir pas sous les yeux une apparition de l'autre monde."

L'auguste vieillard combla Pauline de privilèges et la retint à Rome une année entière. D'autre part, il donna aussitôt l'ordre d'instruire canoniquement la cause de sainte Philomène.

Rentrée en France, Mlle Jaricot fit élever dans sa propriété de Fourvières une chapelle en l'honneur de sa bienfaitrice. L'image et les reliques qu'elle avait rapportées du triomphe de Mugnano y furent placées. Voilà le premier sanctuaire public établi en France en l'honneur de la Bienheureuse. Les ex-voto couvrent ses murs.

La noble femme consacra ensuite toute sa fortune à la régénération de la classe ouvrière, devinant en cela, par cette clairvoyance surhumaine que Dieu donne aux Saints, le besoin capital de l'heure présente.



VI. Sainte Philomène et le Curé d'Ars

Tous ceux qui abordèrent la miraculée durent entendre les louanges de sa Bienfaitrice et subir l'action que sa parole convaincue ne pouvait manquer de produire.

Or, parmi les visiteurs de Mlle Jaricot, se trouvait un humble prêtre du diocèse de Belley. Sa paroisse, une des plus misérables de la région, était au nombre de celles que Paul ne secourait, et l'homme de Dieu venait de temps à autre tendre la main pour ses pauvres. Quelle que fût l'humilité du prêtre, il n'avait point passé inaperçu dans la foule de ceux qui puisaient aux mains constamment ouvertes de la riche Lyonnaise (les belles âmes se révèlent toujours), car elle lui conserva comme à un privilégié une relique de sainte Philomène. "Monsieur le Curé, dit-elle en la lui remettant, ayez grande confiance en cette Sainte ; elle vous obtiendra tout ce que vous lui demanderez".

Ce prêtre était le curé d'Ars, la grande figure sacerdotale de ce siècle !

Que se passa-t-il aussitôt dans l'âme du saint ? Dieu seul le sait, mais à dater de ce jour, le Prêtre et la Vierge ne se quittèrent plus. Lui, parlait constamment d'elle avec une tendresse inspirée, et elle faisait avec une docilité d'enfant tout ce qu'il voulait. Quelque faveur qu'on lui demandât en son nom, elle l'accordait. Ne se crut-il pas un jour obligé de modérer sa complaisance ? oh ! non pas qu'il eût l'idée de diminuer ses grâces, mais il trouvait que tant de miracles faisaient trop parler de lui.

Heureusement la petite Sainte ne l'écouta guère, et non seulement elle continua ses prodiges, mais encore elle voulut en faire un pour lui-même. C'était en 1843. A force de se priver de tout, de nourriture, et de feu, le saint homme avait gagné une fluxion de poitrine. Il était très mal, on venait de lui administrer les derniers sacrements, et l'on n'attendait plus que le dénouement fatal, lorsque tout à coup, pendant qu'une messe se disait pour lui à Sainte Philomène, on le voit s'endormir doucement, puis bientôt se réveiller absolument guéri. "C'est une opinion générale, dit M. Monnin, son historien, que sainte Philomène lui était apparue, et lui avait dit des choses qui ont fait, jusqu'au terme de sa longue vie, la consolation du saint prêtre." Durant ce sommeil mystérieux, on l'entendait murmurer plusieurs fois le nom de sa douce protectrice. Un tableau placé dans la belle chapelle de la Sainte, à Ars, perpétue le souvenir de cette miraculeuse guérison.
L'effet naturel de cette faveur fut de resserrer encore l'union du saint prêtre et de l'aimable enfant. "Leurs coeurs allèrent toujours s'unissant de plus en plus, dit son biographe, au point qu'il y avait entre eux dans ces dernières années, on le sait par des confidences réitérées, un commerce immédiat et direct, et, dès lors, le saint vivant eut avec la bienheureuse, la familiarité la plus douce et la plus intime. C'était d'une part une perpétuelle invocation, de l'autre une assistance sensible, une sorte de présence réelle."

A combien d'âmes le saint Curé a-t-il fait partager son amour ? A des millions sans doute, car on sait que pendant vingt-cinq ans l'église d'Ars n'a pas désempli, et personne n'y est entré sans entendre le doux vieillard parler de sa petite Sainte. Sans quitter son village, il a couvert la France de sanctuaires en son honneur. On lui envoyait de tous côtés des statues à bénir, pour lui montrer que c'était à lui qu'on devait de la connaître. En 1859, l'année de sa mort, on peut bien dire qu'il avait mis la France aux pieds de sainte Philomène.

Extraits du "Messager Canadien du Sacré-Coeur", vol. V, août et septembre 1896.




Prières

Illustre vierge et martyre, bienheureuse Sainte Philomène, dont le nom et les miracles sont connus jusqu'aux extrémités du monde, soyez sensible à ma confiance en votre intercession, et au désir que j'ai de voir votre culte s'étendre dans tout l'univers. Glorieuse vierge et martyre, je me réjouis avec vous de la puissance que le Seigneur vous a donnée, pour la gloire de son nom et pour l'édification de son Église. J'aime à vous voir si pure, si généreuse, si fidèle à Jésus, si élevée dans la gloire.
Attirée par vos exemples à la pratique de la vertu, plein d'espoir à la vue des récompenses accordées à vos mérites, je veux fuir le péché, et accomplir tout ce que Dieu me commande. Aidez-moi, grande Sainte, à obtenir une pureté à jamais inviolable, une générosité qui ne se refuse pour l'amour de Dieu à aucun sacrifice, un dévouement sans bornes la foi catholique, et . . . (nommez la faveur spéciale que vous désirez). Ce Dieu si bon pour lequel vous avez donné votre sang et votre vie, ce Dieu qui m'a tant aimé, ne refusera rien à vos prières.
Ainsi soit-il.



Je vous salue, ô innocente Philomène qui, par l'amour de Jésus, avez conservé dans tout son éclat le lis de la virginité. Je vous salue, ô illustre Philomène, qui avez répandu si courageusement votre sang pour Jésus-Christ.
Je bénis le Seigneur pour toutes les grâces qu'Il vous a accordées pendant votre vie, et tout spécialement à l'heure de votre mort. Je Le loue et Le glorifie pour l'honneur et la puissance avec lesquels Il vous a couronnée, et je vous supplie d'obtenir pour moi auprès de Dieu les grâces que je demande par votre intercession.
Sainte Philomène, fille bien-aimée de Jésus et de Marie, priez pour nous qui avons recours à vous. Ainsi soit-il.